Quand j'étais petite

J'adorais lire les aventures de « Petzi et ses amis ». Ils construisaient toutes sortes de choses à partir de trois fois rien. Je trouvais cela prodigieux. Mon personnage préféré était le pélican. Son côté sac à malices me plaisait plus que tout. Une petite grenouille et une tortue se réfugiaient dans son large bec. Et il en sortait aussi des flopées d'objets pratiques, selon les besoins de Petzi. Ce bec de pélican, c'était un panier à idées géniales, dans lequel il suffisait de fouiller pour trouver la solution à tous les problèmes. Je trouvais cela à la fois rassurant et évident.

Bien plus tard

Lors d'un voyage en Californie, j'ai vu de vrais pélicans. Je me souviens que les rouleaux du Pacifique m'hypnotisaient sur la plage déserte de Carmel. En vol plané, un pélican surveillait la crête des vagues. Son objectif : se remplir le cimetière à sardines grâce à son bec à malices. L'oiseau repéra un petit banc, son vol se suspendit un instant. Le temps de basculer le corps, replier les ailes, pointer le bec vers l'écume et plonger.
Superbe enchaînement, parfaitement maîtrisé et si grâcieux.

Encore un rien plus tard

Un ami photographe me montre l'oiseau, immortalisé en cet instant de bascule, fidèle à mon souvenir. Clic-clac. Association de pensées.

« Envie d'écrire des lignes et des surprises,
Idées jaillies de mon bec-sac-à-malices,
Pélican plongeant droit dans l'encrier,
Plumes de volatile glissant sur le papier,
Ouvrent la porte de mon Pays à Imaginer,
De mon porte-plume, l'Atelier Pelican est né
 »

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